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Lire à voix haute, pour quoi faire ?

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Rappelons d’abord que cette étrange pratique de la lecture est celle qui a prévalu pendant des siècles. La lecture silencieuse qui nous paraît si naturelle est en réalité apparue vers le Xe siècle, quand une relative normalisation de l’écriture a rendu possible une lecture individuelle. Auparavant, le livre était confié à un lecteur chargé de décrypter un texte que l’absence de règles précises de ponctuation et de typographie rendait souvent illisible pour le profane. Il était alors plus aisé, même pour un lecteur, d’entendre le texte que de le lire. Le lecteur faisait alors quasiment office de traducteur, chargé de transmettre un texte à un public.

Mais même quand le livre s’est rendu plus directement accessible au lecteur, la lecture à voix haute n’a pas disparu. Rappelons que tout le monde n’a pas toujours su lire, et que les livres ont longtemps été –le sont encore à un certain niveau- très chers. Le livre alors se partageait. On le lisait à plusieurs, on le lisait ensemble, on le transmettait comme on pouvait, il appartenait un peu à tout le monde.

C’est dans la continuité de ces missions de transmission et de partage que les Mots dits lect’Eure souhaitent s’inscrire. Car aujourd’hui particulièrement nous sommes convaincus que la lecture à voix haute a sa place dans le champ social et culturel, et a son rôle à jouer dans la vie du livre.

La nature conviviale de la lecture à voix haute permet en effet de faire découvrir un aspect nouveau du livre, à l’opposé des notions d’isolement et de repli auxquelles il est traditionnellement associé. Elle prouve que le livre peut aussi être un vecteur de partage et de convivialité. Cette convivialité se réalise notamment dans la rencontre entre les lecteurs et le public : une occasion de discuter et de communiquer autour des textes, et de ce fait de créer des liens entre les personnes et les générations.

 

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